La Génération Consciente de Mai-Ndombe (Gecoma) a organisé ce samedi 19 avril 2025, à Kinshasa, une conférence réunissant des femmes de Mai-Ndombe, centrée sur : « la problématique du leadership féminin au Mai-Ndombe ». Et ce, dans le cadre de la clôture du mois de la femme.

A cette occasion, quatre femmes leaders ont partagé leurs expériences et réflexions pour éveiller les consciences et briser les barrières culturelles freinant l’essor du leadership féminin dans cette province de la RDC.

Éducation et autonomisation : la base d’un changement durable

La première intervenante Brigitte Ipuka, a mis l’accent sur l’impact fondamental de l’éducation dans la construction de l’individu. « Éduquer, ce n’est pas seulement enseigner », a-t-elle souligné, en expliquant la différence entre l’acquisition des compétences intellectuelles et la formation du caractère. Pour elle, l’autonomisation des filles de Mai-Ndombe passe par l’information, la formation et la prise de conscience de leur potentiel.

Mme Ipuka a également insisté sur le rôle des femmes en tant que gestionnaires et entrepreneures, appelant à un changement de mentalité : « La femme ne doit pas se sous-estimer, elle doit faire fonctionner sa tête. » Selon elle, il est crucial d’organiser des conférences dans la province, de créer des espaces d’expression et de promouvoir l’épanouissement personnel comme levier du leadership.

Médias et visibilité : un silence à briser

La directrice générale de la RTNC Sylvie Elenge a déploré l’invisibilité médiatique de la province de Mai-Ndombe : « Je suis dans un média national, je peux faire un mois sans entendre une seule information sur ma province. » Elle appelle à renforcer l’éducation aux médias et à produire du contenu local pertinent : éducation, droits des femmes, santé, eau, etc. Pour elle, les femmes doivent investir l’espace médiatique pour exprimer leurs réalités, leurs luttes et leurs initiatives.

Elle a salué l’exemple de la société civile de l’Est du pays, qui utilise les médias pour dénoncer les injustices et sensibiliser l’opinion publique, et encourage les femmes de Mai-Ndombe à faire de même.

Santé et VBG : sortir du silence

La troisième intervenante, Dr Séverine Moliba, a abordé la question des violences basées sur le genre (VBG) et l’accès à la santé. « Être en bonne santé ne signifie pas simplement l’absence de maladie », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de former les personnels de santé pour mieux accompagner les femmes victimes de VBG.

Elle a exhorté les femmes de Mai-Ndombe à briser le silence, à oser prendre la parole et à s’affirmer dans les sphères décisionnelles. « Nous devons être visibles dans les processus législatifs, à tous les niveaux », a-t-elle martelé, annonçant une mobilisation prochaine pour garantir une représentativité féminine accrue dans les instances provinciales.

Engagement politique : lever les freins culturels

Me Pélagie Loposo, avocate, a clos la conférence en s’attaquant aux barrières culturelles qui freinent l’engagement politique des femmes de Mai-Ndombe. « La politique a longtemps été considérée comme une affaire d’hommes », regrette-t-elle. Elle souligne que peu de femmes osent s’y aventurer, souvent freinées par un héritage culturel qui les limite à la sphère domestique.

Me Loposo plaide pour une sensibilisation massive et une implication des autorités, notamment dans l’accompagnement des femmes autochtones vivant en marge. « Il faut que le gouvernement provincial et les partenaires soutiennent les femmes à devenir compétitives et autonomes », a-t-elle soutenu.

Un appel à l’action

À travers cette conférence, la Gecoma pose les jalons d’un véritable mouvement de transformation sociale. Les femmes et filles de Mai-Ndombe sont appelées à se lever, à croire en elles-mêmes et à prendre leur place dans la société. Comme l’a rappelé Brigitte Ipuka : « Personne ne naît expert, c’est en apprenant qu’on le devient.»

Merveille META et abdias SHINGA

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