Le bras de fer judiciaire autour de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo continue de faire des vagues sur la scène politique congolaise. Accusé de détournement de fonds publics dans le dossier du projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, Matata Ponyo ne pourra être inquiété que si la Cour constitutionnelle initie une démarche conforme aux règles, selon Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale.

« Nous attendons une correspondance pour régulariser la situation. La plénière appréciera », a-t-il déclaré lors d’une séance tenue jeudi 17 avril à Kinshasa.

Vital Kamerhe a insisté sur la nécessité de respecter les procédures interinstitutionnelles. Il a évoqué le cas précédent de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances, dont les immunités avaient été levées suite à une demande en bonne et due forme du procureur général près la Cour de cassation.

« Je me demande pourquoi nos amis de la Cour constitutionnelle n’ont pas procédé de la même façon », a-t-il lancé, rappelant qu’« il faut motiver » toute demande de levée d’immunité parlementaire.

Présent à la plénière, Augustin Matata Ponyo a exigé un traitement équitable entre parlementaires de toutes tendances.

« Les lois de la République n’ont pas de couleur politique », a-t-il martelé, affirmant que leur application doit obéir à la Constitution. Rejetant les accusations portées contre lui, il s’est dit prêt à répondre devant la justice, mais uniquement dans le respect des règles.

Pendant ce temps, le procès se poursuit à la Cour constitutionnelle avec les autres coaccusés, dont l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo, et l’homme d’affaires sud-africain Grobler.

La prochaine audience est prévue pour le 23 avril prochain. Ce dossier, relancé après un revirement de la Cour qui s’était d’abord déclarée incompétente en 2021, reste un test pour l’indépendance de la justice et la solidité des institutions congolaises.

Siméon TUENDELE

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