De retour d’une mission humanitaire dans les camps de réfugiés congolais au Burundi, le mardi 22 avril une délégation de députés nationaux médecins a tiré la sonnette d’alarme sur une situation jugée catastrophique. Conduite par le Dr Léon Kabamba Ngombe, cette équipe a dénoncé les conditions de vie « inhumaines » des déplacés ayant fui les affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23. « Nous avons trouvé des femmes accouchant sans assistance, des enfants souffrant de malnutrition, et des épidémies incontrôlées de rougeole, de choléra et de paludisme », a témoigné le chef de la délégation.
Face à ce constat dramatique, les parlementaires ont remis un mémorandum à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, appelant à une intervention rapide. Leur appel n’est pas resté sans réponse : « Elle nous a assurés qu’une équipe gouvernementale est déjà sur le terrain et que le suivi sera rigoureux », a déclaré le Dr Kabamba, saluant une réaction « rapide et responsable ».
Les élus, majoritairement médecins ou originaires des provinces touchées par les violences, avaient pour mission d’apporter une assistance médicale d’urgence aux réfugiés. Ils plaident aujourd’hui pour un soutien humanitaire renforcé, notamment sur le plan psychologique : « Ces familles ont tout perdu. Elles vivent dans une détresse totale. Elles ont besoin de soins, mais aussi d’écoute et d’espoir », a insisté le député.
L’initiative du gouvernement Suminwa, jugée proactive, pourrait marquer un tournant dans la prise en charge des réfugiés congolais au Burundi. L’ampleur de la crise, alimentée par « l’agression rwandaise » selon les autorités congolaises, appelle à une mobilisation nationale et internationale pour endiguer une catastrophe humanitaire croissante.
Siméon TUENDELE
