L’élection récente de Léon XIV, premier Pape originaire des États-Unis, à la tête de l’Église catholique, suscite des réactions contrastées au sein des différentes confessions chrétiennes. Pour les fidèles du mouvement dit “branhamiste”, cette nomination constitue un accomplissement prophétique annoncé par William Marrion Branham dès les années 1950.
Interrogé par notre rédaction le dimanche 11 mai, Passy Mande, fidèle branhamiste, a déclaré : « Nous ne sommes pas surpris, cher journaliste. Nous pouvons nous réjouir, comme au temps de Jésus, quand il disait : cette écriture est accomplie. William Branham avait déjà prédit en 1954, avant même la naissance de l’actuel Pape, qu’il viendrait un jour où un Pape américain serait élu avant le retour du Seigneur. »
Cette référence repose notamment sur une citation extraite du sermon Les Actes du Saint-Esprit, prêché le 12 septembre 1954. Branham y aurait déclaré : « Je crois qu’un de ces glorieux jours, quand cette confédération des Églises unies se rassemblera, et que selon la prophétie, le nouveau Pape issu des États-Unis sera installé là-bas, alors ils feront une image à la bête. »
Pour le pasteur Kayembe, cette déclaration prophétique est en train de se réaliser sous les yeux du monde : « Nous louons Dieu, car la prophétie s’est accomplie. Cela confirme que nous vivons véritablement les temps de la fin. »
Au-delà de l’aspect prophétique, le pasteur évoque les implications eschatologiques de cette élection. Selon lui, Léon XIV aura pour mission « d’unir la confédération des Églises, ceci se fera dans le but de former une image à la bête », référence à une lecture apocalyptique de l’unité des grandes confessions chrétiennes.
Il ajoute : « Même dans notre pays, vous pouvez voir que l’Église catholique et l’Église protestante cherchent à parler d’une seule voix face au pouvoir politique. Tout cela s’inscrit dans le cadre de cette confédération prophétisée. »
Concernant les fidèles, Passy Mande appelle à la vigilance et à la foi : « Nous devons nous unir, bientôt le Seigneur revient ! Il n’y a rien qui reste. Jésus-Christ viendra prendre son Église glorieuse. » Il lance aussi un appel à quitter les Églises traditionnelles : « Sortez de la confédération, venez croire au message de l’heure prêché par le prophète William Branham. »
Du côté catholique, les réactions sont tout autres. Pour Junior Mutomb, fidèle catholique rencontré à la sortie d’une messe dominicale à la paroisse Reine des Apôtres de Lubumbashi, « l’élection d’un Pape américain est une grâce pour l’Église universelle. Cela montre que l’Évangile dépasse les frontières européennes. Ce n’est pas une prophétie, c’est le fruit de la maturité d’une Église mondiale. »
Junior Mutomb se dit même surpris de l’interprétation donnée par les Branhamistes : « Je respecte leur foi, mais je crois que ce genre de lecture apocalyptique divise plus qu’elle ne construit. Pour nous, catholiques, le Pape est un homme de paix. »
Siméon TUENDELE
