La ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba, s’est exprimée le jeudi 3 juillet 2025 devant la presse pour clarifier la nature de l’accord de paix signé récemment à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine.
Elle a tenu à préciser que « cet accord n’est ni un traité économique entre la RDC et les États-Unis, ni un accord commercial bilatéral entre la RDC et le Rwanda. Il s’agit tout d’abord d’un accord politique et sécuritaire ».
Cet accord repose sur trois engagements essentiels, notamment la cessation des hostilités, la fin du soutien aux groupes armés et le retrait des troupes étrangères à l’est de la République Démocratique du Congo.
La cheffe de la diplomatie congolaise a souligné que cet accord est contraignant pour les parties concernées, tout en appelant à une mise en œuvre équilibrée. « Il faut éviter d’humilier l’autre partie pour assurer la bonne exécution de l’accord », a-t-elle rappelé, insistant sur la responsabilité diplomatique.
Face aux inquiétudes de certains Congolais craignant un abandon de la justice au nom de la paix, Thérèse Kayikwamba a été claire « La paix ne sacrifie pas la justice ». Elle a affirmé que le gouvernement congolais prend la justice très au sérieux, rappelant que des mécanismes judiciaires continuent d’agir, notamment à travers la Cour pénale internationale (CPI), la Cour africaine des droits de l’homme (CADHP) et d’autres instances.
Elle a également insisté sur le fait que tout accord de paix repose sur des concessions « Un accord de paix est un compromis entre deux États. Il ne faut pas le voir comme une capitulation ».
Interrogée sur les délais pour un retour effectif à la paix sur le terrain, la ministre a reconnue l’incertitude « Je n’ai pas la réponse à quand est-ce qu’on peut estimer le retour de la paix », tout en appelant à la patience et à la vigilance.
Matthieu BEYA
