Cinq mois après le lancement de l’opération « Ndobo », initiée pour traquer les bandes criminelles connues sous le nom de « Kulunas », les autorités congolaises dressent un premier bilan. Selon le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, cette vaste offensive sécuritaire a permis l’arrestation de 6 239 présumés criminels, dont 3 829 ont déjà été condamnés.

« Nous poursuivons sans relâche notre objectif de restaurer l’autorité de l’État et de garantir la sécurité des citoyens », a déclaré Jacquemin Shabani lors d’un point de presse à Kinshasa. Il a précisé que 2 410 dossiers restent en instruction devant les juridictions compétentes.

Lancée le 7 décembre 2024, l’opération « Ndobo » s’est déployée dans les provinces de Kinshasa, du Kongo Central et du Haut-Katanga, avec l’ambition de s’étendre progressivement sur l’ensemble du territoire. « Cette initiative d’envergure nationale s’étend progressivement à d’autres provinces », a souligné le ministère, estimant qu’elle contribue à « renforcer la sécurité des personnes et de leurs biens ».

Malgré ces avancées, la criminalité continue de hanter certaines zones, particulièrement la capitale. « À Kinshasa, l’insécurité reste préoccupante. Les actes de braquage à main armée et les violences perpétrées par les Kulunas sont encore fréquents », a reconnu le ministre de l’Intérieur.

Les autorités appellent à la patience et à la collaboration des populations locales. « Nous avons besoin de la vigilance et du soutien des citoyens pour démanteler les réseaux criminels », a exhorté Jacquemin Shabani, qui promet de renforcer les dispositifs de sécurité dans les quartiers les plus touchés.

Les organisations de la société civile, tout en saluant les résultats obtenus, exigent plus de transparence dans les procédures judiciaires et un accompagnement social des jeunes ex-Kulunas. Elles appellent également à traiter les causes profondes du phénomène, notamment le chômage et la pauvreté.

L’opération « Ndobo », qui tire son nom d’un mot lingala signifiant « nettoyage », s’inscrit dans une volonté politique de reconquête sécuritaire. Si les premiers chiffres sont encourageants, le défi reste immense dans un pays confronté à une criminalité urbaine tenace et à des moyens limités.

Siméon TUENDELE

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