Le deuxième vice-président du Sénat et membre de l’Union Sacrée de la Nation, Modeste Bahati Lukwebo, a réaffirmé, le mercredi 4 mars à Kinshasa, son opposition à toute révision de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Réagissant aux propos d’Evariste Boshab, qui estime la Constitution de 2006 « devenue obsolète » après 17 ans, Bahati a déclaré :
« Si ceux qui ont 60 ou 50 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ? »
Lors d’un cadre organisé à l’occasion des 20 ans de la Constitution de la RDC, Evariste Boshab, reconnu comme l’un des trois meilleurs constitutionnalistes du pays, avait rappelé une réflexion de Thomas Jefferson, l’un des Pères fondateurs des États-Unis :
« La durée de vie moyenne d’une constitution est de 17 ans. »
Pour Boshab et les autres experts réunis, le débat sur la révision ou le changement de la Constitution devient inévitable.
Pour Modeste Bahati Lukwebo, le problème du pays ne réside pas dans les textes fondamentaux, mais dans leur application :
« Le pays n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes. »
Il a également dénoncé le revirement de certains acteurs politiques :
« Ceux qui se présentent comme les géniteurs et les garants de cette Constitution sont aujourd’hui les premiers à la remettre en cause. »
Enfin, il a souligné l’importance de la franchise au sein de la majorité présidentielle :
« Lorsqu’on aime véritablement son chef, on a le courage de lui dire la vérité. »
Cette prise de position met en lumière une divergence au sein de l’Union Sacrée de la Nation, alors que le président Félix Tshisekedi a exprimé à plusieurs reprises son intention de modifier la Constitution.
Matthieu BEYA
