RDC : Lubumbashi confrontée à une montée alarmante de la mendicité infantile
Dans les rues de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, le phénomène des enfants mendiants prend une tournure inquiétante. Aux abords des supermarchés, des carrefours très fréquentés ou devant les églises, ils sont de plus en plus nombreux à tendre la main, pieds nus, livrés à eux-mêmes. Âgés de 5 voire 16 ans, ces jeunes dorment à même le sol en pleine, affrontent la pluie comme le soleil et survivent entre générosité et indifférence de passagers.
« Je dors derrière le marché de Kenya. Je viens ici tous les matins pour demander de l’argent ou de la nourriture », confié Moïse, 10 ans, un sachet vide à la main.
Le phénomène, devenu presque banal, suscite de l’inquiétude auprès de nombreux lushois.
« Ces enfants sont là tous les jours, certains fument, d’autres se battent entre eux… Ce n’est plus juste la pauvreté, il y a un abandon total de la part des familles et de l’état congolais», déplore Mme Kabange, vendeuse à la place de la poste de Lubumbashi.
D’autres Lushois s’inquiètent de l’exploitation dont pourraient être victimes ces enfants. Il arrive que certains d’entre eux soient utilisés par des adultes pour ramener de l’argent en fin de journée, sans qu’ils ne bénéficient eux-mêmes de ce qu’ils récoltent.
Répondant aux questions de notre rédaction, Moïse Tshibangu, travailleur social dans une ONG locale,évoque les réalités auxquelles ils font face.
«Nous avons recensé des cas d’enfants venus de Kasumbalesa, Kipushi ou même du Haut-Lomami. Certains fuient des conflits familiaux, d’autres sont orphelins. Ils trouvent dans la mendicité leur seul moyen de survie, faute de structures d’accueil suffisantes»,a-t-il dit.
Face à cette réalité, la société civile appelle à une action concertée entre les autorités provinciales, les ONG et les églises pour protéger ces enfants en détresse. Mais en attendant une solution durable, la rue reste leur maison et leur prison.
Siméon TUENDELE
