Malgré les informations récemment relayées par The Wall Street Journal faisant état d’un contact direct entre le président rwandais Paul Kagame et le sénateur républicain Lindsey Graham pour tenter de bloquer d’éventuelles sanctions américaines, Washington a finalement décidé de passer à l’acte.

Les États-Unis ont annoncé, lundi 2 mars, une série de sanctions visant les Forces de défense du Rwanda (RDF) ainsi que quatre hauts responsables militaires rwandais. La décision a été prise par le Département du Trésor américain, par l’intermédiaire de son Office of Foreign Assets Control (OFAC).

Les RDF et les officiers concernés sont désormais inscrits sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN). Cette inscription entraîne le gel de leurs avoirs éventuels sous juridiction américaine et interdit toute transaction avec des personnes ou entités américaines.

Les responsables visés sont :

Stanislas Gashugi

Ruki Karusisi

Mubarakh Muganga, alias « MK Mubarkh »

Vincent Nyakarundi

Tous sont basés à Kigali. Selon Washington, ils auraient contribué à l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Parallèlement, l’OFAC a publié une « General License 1 » autorisant une période de démantèlement (« wind down ») des transactions impliquant les RDF. Cette mesure vise à permettre une cessation progressive et ordonnée des engagements financiers et commerciaux en cours, afin d’éviter des perturbations immédiates pour les partenaires concernés.

Ces sanctions interviennent quelques mois après la signature des « Accords de Washington pour la paix et la prospérité », conclus en décembre 2025 sous l’égide du président américain Donald Trump.

Washington accuse Kigali de fournir un soutien opérationnel et logistique au mouvement rebelle AFC/M23, malgré les engagements pris et les appels répétés de la communauté internationale en faveur d’un retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.

Matthieu BEYA

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