Miné depuis des années par l’anarchie et des pratiques illicites, le secteur pétrolier du Haut-Katanga pourrait bientôt amorcer un tournant décisif. En mission officielle à Lubumbashi, depuis ce ce jeudi 17 avril dernier, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé une série de réformes majeures visant à remettre de l’ordre dans ce secteur stratégique.
« Le gouvernement est déterminé à assainir ce secteur. Vous pouvez compter sur moi pour la prise en charge de vos différentes doléances », a-t-il déclaré devant les opérateurs pétroliers réunis pour l’occasion.
Lors des échanges, les professionnels du secteur ont dressé un tableau sombre de l’actualle situation. Joseph Twite Maloba, président de la Commission des hydrocarbures de la FEC Katanga, n’a pas mâché ses mots, a dénoncé avec fermeté « il y a une délinquance des prix, des exonérations injustifiées et des acteurs non qualifiés qui exercent l’illégalemebnt la profession». Il a également évoqué des pertes estimées à près de 57 millions de dollars par an, soit 71 % des recettes pétrolières échappant aux caisses de l’État.
Parmi les failles soulevées figure l’absence de contrôle rigoureux sur les sociétés importatrices de carburant. Sur les 115 entreprises actives dans la province, seules 35 font l’objet d’un suivi de la part de la FEC, selon les données communiquées. Cette faille serait à l’origine d’une concurrence déloyale et d’un manque de transparence qui plombent la rentabilité du secteur.
Face à ces dérives, Daniel Mukoko Samba a promis un encadrement strict et des mesures correctives rapides. « Il est temps de restaurer la transparence et de relancer la confiance dans ce secteur vital pour notre économie provinciale », a-t-il martelé, assurant que les actions annoncées feront l’objet d’un suivi rigoureux.
Les opérateurs pétroliers, de leur côté, attendent désormais des actes concrets à la hauteur des engagements pris.
Siméon TUENDELE
