La justice française a annoncé, vendredi 13 mars, l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre après la mort de l’humanitaire française Karine Buisset, tuée lors d’une frappe de drone à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine, chargé de déterminer si le droit international humanitaire a été violé et d’identifier les responsables.

Karine Buisset, employée du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), était spécialisée dans la protection contre l’exploitation et les abus sexuels. Elle se trouvait dans un quartier résidentiel lorsque le drone a frappé, provoquant plusieurs victimes et d’importants dégâts matériels.

À Kinshasa, le gouvernement congolais a exprimé sa solidarité avec la famille de la victime et la communauté humanitaire. Les autorités ont également ordonné une enquête nationale indépendante pour éclaircir les circonstances de l’attaque. Les premières accusations pointent les rebelles du M23 et l’armée rwandaise, les Rwanda Defence Force, comme possibles responsables.

La mort de Karine Buisset rappelle la vulnérabilité des populations civiles dans l’est du pays, où les affrontements armés sont fréquents. Jusqu’ici, aucun mécanisme de paix ni l’accord de Washington n’a permis de réduire réellement l’escalade entre les rebelles de l’AFC M23, soutenus par l’armée rwandaise, et les forces armées congolaises, appuyées par leurs alliés Wazalendo. Les organisations internationales appellent au respect strict du droit humanitaire et à la protection des civils et du personnel humanitaire.

Matthieu BEYA

By admin