Détenu depuis 154 jours, l’opposant congolais et ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, affirme être victime d’une répression politique qu’il qualifie d’« injuste et arbitraire ». Dans plusieurs lettres rendues publiques depuis sa détention à Kinshasa, il se présente comme « l’un des opposants les plus brimés et opprimés par le système en place », dénonçant une arrestation illégale, une condamnation injuste ainsi que la privation de ses droits civils et politiques.
Dans une lettre datée du 5 février 2026, adressée au peuple congolais et aux peuples d’Afrique, Constant Mutamba indique être emprisonné pour avoir dit « non au système mafieux » et à ce qu’il qualifie d’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo. Il y exprime également sa reconnaissance à l’égard de ses soutiens, malgré sa détention prolongée.
Des préalables posés pour un dialogue politique
Chef de file de l’opposition républicaine congolaise, Constant Mutamba conditionne sa participation à tout dialogue politique à plusieurs préalables. Il exige notamment :
des mesures concrètes de décrispation politique en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, qu’il estime victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes ;
des garanties de sécurité et de confiance pour permettre le retour des opposants se trouvant à l’étranger ;
des assurances de sincérité et de bonne foi de la part des autorités.
S’exprimant toujours sur le dialogue national inclusif annoncé par le président de la République, Constant Mutamba dit encourager l’initiative, estimant qu’elle pourrait contribuer à restaurer la cohésion nationale dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays et l’insécurité persistante. Il précise toutefois attendre la publication d’une feuille de route claire, incluant notamment la liste des médiateurs, avant de se prononcer davantage.
En attendant une éventuelle ouverture du dialogue, l’opposant demeure en détention. Pour rappel, Constant Mutamba a été condamné à trois ans de travaux forcés, assortis d’une peine de cinq ans d’inéligibilité, comprenant la privation du droit de vote, du droit d’éligibilité et du droit de gestion pour détournement des fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani. Une décision judiciaire que ses partisans qualifient de politique et qui continue d’alimenter le débat sur la décrispation politique et l’État de droit en République démocratique du Congo.
Matthieu BEYA
