La République démocratique du Congo célèbre, ce samedi 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle, instituée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) afin de promouvoir la diversité linguistique et l’éducation inclusive à travers le monde. Cette commémoration met en lumière l’importance des langues nationales dans l’apprentissage et la construction de l’identité.

En RDC, la définition de la langue maternelle suscite encore diverses interprétations. Pour certains, elle correspond à la langue parlée par les parents au sein du foyer. Pour d’autres, il s’agit de la première langue apprise dès la naissance, celle dans laquelle l’enfant développe sa pensée et s’exprime naturellement.

Dans un pays caractérisé par une grande richesse linguistique, notamment le lingala, le swahili, le tshiluba et le kikongo, la question dépasse le cadre domestique. Elle touche directement à l’éducation et à la transmission des valeurs culturelles.

Des experts en pédagogie estiment qu’un enseignement dispensé dans la langue maternelle favorise une meilleure compréhension des notions de base. L’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul serait plus efficace lorsque l’élève maîtrise déjà la langue utilisée en classe. À l’inverse, l’usage exclusif et précoce d’une langue étrangère comme langue d’enseignement peut constituer un frein pour certains enfants.

Si le français demeure la langue officielle d’enseignement en RDC, la célébration de cette journée relance les discussions sur une intégration plus affirmée des langues nationales, notamment dans les premières années du cycle primaire.

Au-delà du cadre scolaire, la langue maternelle reste un pilier de l’identité culturelle et un vecteur de cohésion sociale. Sa célébration rappelle que, au-delà de la communication, la langue est aussi mémoire, héritage et avenir.

Matthieu BEYA

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