L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) exhorte les parties impliquées dans les pourparlers de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à intégrer, de manière prioritaire, la lutte contre l’impunité pour les crimes graves commis dans la région des Grands Lacs.

Dans une analyse publiée récemment, HRW déplore que les efforts internationaux, notamment ceux des États-Unis, ignorent un élément déterminant dans la persistance des conflits : l’absence persistante de poursuites contre les auteurs de violations des droits humains.« Les tentatives de résolution du conflit en Afrique centrale semblent négliger un problème fondamental : le refus des autorités de punir ceux qui ont perpétré des atrocités dans l’Est de la RDC », écrit l’ONG sur son site.

Des minerais au cœur des intérêts américains

HRW réagit notamment aux récentes déclarations de Massad Boulos, conseiller spécial à la Maison-Blanche pour l’Afrique, qui a indiqué que tout accord de paix s’accompagnerait d’un protocole d’entente sur les ressources naturelles, ouvrant la voie à des investissements américains dans les secteurs minier et des infrastructures en RDC.

Cependant, l’ONG alerte sur les liens étroits entre exploitation minière, conflits armés, abus des droits humains et corruption dans les régions minières de l’Est congolais. Elle estime que tout accord devrait inclure des garanties solides contre ces dérives, qui alimentent l’instabilité.

Silence sur les responsabilités

HRW regrette également que les discussions de paix en cours évitent encore la question cruciale de la redevabilité. De nombreux crimes auraient été perpétrés non seulement par les groupes armés, mais également par les forces gouvernementales congolaises et rwandaises, souvent accusées de soutenir indirectement ces milices.

« Aucune mesure concrète n’a encore été prise pour juger ceux qui ont aidé ou soutenu ces groupes responsables de meurtres, de violences sexuelles et de pillages », souligne l’organisation.

Kinshasa pointe du doigt Kigali

Pendant ce temps, à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à Banjul (Gambie), le vice-ministre congolais de la Justice, Samuel Mbemba, a accusé le Rwanda et le M23 de violation de la Déclaration de principes en attaquant la localité de Lunyasenge (territoire de Lubero), alors même que les négociations de paix sont en cours sous médiation américaine.

Il a affirmé que le gouvernement congolais reste engagé dans la recherche d’une paix durable, tout en appelant à des discussions franches avec Kigali pour surmonter les différends persistants.

Merveille META

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