L’Organisation des Nations unies a reconnu, mercredi 25 Mars, la traite transatlantique des esclaves africains comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». La résolution, portée par le Ghana, a été adoptée par 123 pays, tandis que 52 se sont abstenus et trois ont voté contre : les États-Unis, Israël et l’Argentine.
Bien que non contraignante, cette décision représente un tournant politique et symbolique dans la reconnaissance des crimes liés à l’esclavage, survenus entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, lorsque plus de 15 millions d’Africains ont été arrachés à leurs terres, déportés vers les Amériques et contraints au travail forcé dans les plantations de sucre, coton et tabac. Ce système a profondément enrichi les puissances coloniales tout en détruisant des sociétés africaines et en façonnant les diasporas africaines, dont l’influence se retrouve encore dans la culture, la musique et la religion.
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, à l’origine de l’initiative, a appelé à une « justice réparatrice » comprenant des excuses officielles et des compensations pour les descendants des victimes. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné l’urgence de combattre les inégalités raciales héritées de cette histoire.
Le vote illustre toutefois des divergences. Les pays opposés craignent que cette reconnaissance n’ouvre la voie à des revendications juridiques ou financières, une inquiétude partagée de manière plus discrète par plusieurs États européens qui se sont abstenus.
Cette résolution pourrait servir de fondement à de futures discussions sur les réparations, qu’il s’agisse d’excuses officielles, de restitution de biens culturels, de programmes éducatifs ou de compensations financières.
Notons également que la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007. Elle est observée chaque année le 25 mars.
Matthieu BEYA
