Le Gouverneur du Mai-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, a lancé, jeudi 12 février à Inongo, la première réunion du Comité provincial de pilotage (COPIL) du Programme de réduction des émissions (PRE). Les travaux, organisés dans la salle épiscopale, portent notamment sur la validation du Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026.

La rencontre a été organisée par l’Unité de coordination des investissements du Programme d’investissement pour la forêt (UC-PIF), sous l’autorité du gouverneur de province.

Cette session d’information et d’évaluation a réuni les autorités provinciales, les délégués des entités territoriales décentralisées, les représentants des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que des acteurs de la société civile et du secteur privé.

Au centre des échanges figure la mise en œuvre du Contrat d’achat/vente des réductions d’émissions (CAVRE/ERPA), signé en 2018 avec le Fonds carbone de la Banque mondiale. Ce contrat prévoit la réduction vérifiée de 11 millions de tonnes de CO₂ pour un montant estimé à 55 millions de dollars américains.

Dans son mot d’ouverture, le ministre provincial en charge de l’Environnement et du Développement durable, Jean Claude Nongo Ilonga, a souligné l’importance stratégique du programme pour la province. « Le Programme de réduction des émissions constitue un levier majeur de lutte contre le changement climatique dans le Mai-Ndombe. Le CAVRE/ERPA représente une avancée historique dans la mise en œuvre de la stratégie nationale REDD+. Nous devons nous approprier ce processus pour garantir des résultats durables », a-t-il déclaré.

Le coordonnateur national de l’UC-PIF, Dr Clément Vangu Lutete, a salué l’engagement des autorités provinciales et réaffirmé l’accompagnement du gouvernement central. Il a annoncé le renforcement des capacités provinciales à travers la formation en passation des marchés, l’acquisition de deux véhicules et de vingt-deux motos, ainsi que la construction de forages d’eau et de bâtiments administratifs dans les territoires du Mai-Ndombe.

Sur le plan technique, Franck Mukendi a expliqué que la quantification des réductions d’émissions repose sur l’analyse d’images satellitaires et sur des mesures effectuées sur le terrain afin d’évaluer l’évolution du couvert forestier.

Le spécialiste environnemental Alex Yenge a rappelé que la mise en œuvre du programme respecte les normes environnementales et sociales afin d’éviter tout impact négatif sur les communautés locales et les écosystèmes. De son côté, Lauriane Furaha, spécialiste Genre et violences basées sur le genre (VBG), a souligné que la prévention des violences et la protection des communautés, notamment des femmes, constituent un volet essentiel du programme.

Le coordonnateur national REDD+, Guy Ipanga, a indiqué que le gouvernement travaille à la redynamisation du registre national REDD+ afin de garantir la transparence et de rendre les crédits carbone congolais visibles et éligibles sur le marché international.

Le PRE s’articule autour de quatre composantes : l’amélioration de la planification et de la gouvernance des ressources naturelles dans les zones ciblées ; le développement de l’agriculture durable, de l’agroforesterie et des chaînes de valeur ; le renforcement des systèmes de mesure, de notification et de vérification ainsi que du financement climatique basé sur les résultats ; enfin, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du projet.

Sous la supervision technique de la Banque mondiale et avec l’appui de l’UC-PIF, la RDC a soumis son premier rapport de suivi du programme (2019–2020), validé par les partenaires. Le pays a ainsi reçu un premier paiement d’un montant de 19,47 millions de dollars américains.

Israël BONGO et G EKOLE

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