Le Coordonnateur du service de l’Anti-fraude, de la province du Mai-Ndombe, a à travers une déclaration faite sur les réseaux sociaux, le 22 janvier consulté par la rédaction de Mai-Ndombenews.net ce 24 janvier 2026, une réflexion lucide, profonde et sans complaisance sur la crise morale et politique qui, selon lui, qui mine la province.
« Nous, filles et fils du Mai-Ndombe, devons éviter à tout prix l’hypocrisie politique qui gangrène aujourd’hui notre province. À mon humble avis, quelles que soient nos divergences politiques, culturelles, ethniques, socio-économiques ou intellectuelles, l’unité ne peut se construire que sur une seule base solide : l’amour du prochain.
Or, dans notre Mai-Ndombe natal, cet amour semble cruellement absent au sein de notre élite politique. Pour amuser la galerie, certains politiciens font semblant de s’entendre, mais la réalité est tout autre. Nous avons affaire à des politiciens-girouettes, qui changent de position au gré des vents et surtout de leurs intérêts personnels.
S’il existait un amour sincère, comparable à celui qui unit les membres d’une même famille, les choses marcheraient autrement. Mais nous assistons plutôt à une intolérance incroyable, à une haine contre nature, à des alliances de circonstance, à la jalousie et à la logique dangereuse du “ôte-toi de là que je m’y mette”.
Peu importent les efforts ou les difficultés de celui qui dirige : l’essentiel, pour certains, est que ce soit eux ou un membre de leur camp qui accède au pouvoir. Le reste n’a aucune importance.
Tant que nous continuerons à nous enfermer dans cette mentalité, nous n’aurons jamais un développement harmonieux, responsable et intégral de notre province », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, Kokengo Bongo Victor déplore la multiplication de groupes de déstabilisation dont l’unique objectif serait, selon lui, le sabotage systématique de l’action des autorités en place.
« Nous voyons malheureusement se multiplier des groupes dont la seule devise est le sabotage tous azimuts des actions de ceux qui sont aux responsabilités, à travers une propagande permanente et infâme. Les rares rencontres entre politiciens du Mai-Ndombe ne sont, le plus souvent, que des trompe-l’œil. C’est malheureux. Et cela fait pitié.
Pire encore, nous, populations, adoptons trop souvent la même logique. Nous cultivons l’éloge excessif de ceux de notre obédience, même lorsqu’ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes : “Sans tel, rien ne peut marcher”. Cette culture de la personnalité est si profondément ancrée dans nos esprits qu’elle nous rend paresseux, enfermés dans l’attente, à l’image des Israélites attendant la manne du ciel.
La loi du moindre effort s’installe : paresse, mendicité, dépendance. Avec un tel état d’esprit, comment faire décoller notre province ? On ne peut rien bâtir de durable dans l’égoïsme et l’égocentrisme », poursuit-il.
Il sied de signaler que ces pratiques et comportements constituent, selon l’auteur, de véritables vices qui freinent gravement le développement du Mai-Ndombe. C’est peut-être là, estime-t-il, l’origine de cette « malchance du Mai-Ndombe » souvent évoquée dans le débat public.
Toutefois, une certitude demeure : le destin du Mai-Ndombe ne changera que le jour où l’amour du prochain, le sens des responsabilités et l’intérêt général primeront enfin sur les calculs égoïstes et les ambitions personnelles.
Tribune de Kokengo Bongo Victor
