Le député national Bamboka Lobendi Pierre Castro , élu du territoire de Kiri, met en cause les conditions d’exécution de l’Accord de Paiement des Réductions d’Émissions (ERPA) conclu avec la Banque mondiale. Et ce, dans une correspondance datée du 25 février 2026, adressée au Chef de l’État, dont la copie est pervenue ce 04 mars à la rédaction de Mai-ndombenews.net.
Dans ce document, il évoque une sous-évaluation des volumes, un plafonnement contesté des prix et un risque de perte stratégique pour la RDC.
Cet élu affirme que l’ERPA, signé le 21 septembre 2018 dans le cadre du programme FCPF (Fonds de partenariat pour le carbone forestier), pénaliserait la RDC à deux niveaux. Sur les volumes, il évoque un « vol méthodologique », estimant que les méthodes de calcul basées sur des données satellitaires sous-évalueraient d’environ 30 % les réductions réelles d’émissions, notamment dans les zones de tourbières denses du Mai-Ndombe.
Sur les prix, il critique un plafonnement du prix d’achat à 5 dollars US la tonne, alors que, selon lui, les crédits carbone issus de projets privés de haute intégrité se négocieraient entre 15 et 30 dollars US sur le marché volontaire.
Le député cite notamment l’année 2021, au cours de laquelle un projet privé (ERA) prévoyait de générer 8,8 millions de crédits carbone.
En raison de l’intégration au programme national FCPF et du plafonnement imposé dans le cadre de l’ERPA Mai-Ndombe, seuls 2,9 millions de crédits auraient été émis sur le registre Verra, entraînant, selon lui, une perte d’actifs vendables estimée à près de 6 millions de tonnes pour une seule année.
L’un des points centraux de la dénonciation concerne une « Option de Vente » (Put Option) que la Banque mondiale aurait proposée au gouvernement congolais, avec échéance au 31 mars 2026.
D’après le député, cette option exercerait une pression pour céder un reliquat de 1,67 million de tonnes de crédits excédentaires à des conditions qu’il juge désavantageuses et « obsolètes ». Il appelle à un rejet catégorique de cette option afin de préserver ces volumes pour une commercialisation ultérieure à un prix plus compétitif.
G.EKOLE
