La motion de défiance contre le gouverneur Lebon Nkoso Kevani divine la population de la province du Mai-Ndombe.
Dans les Quartiers Généraux politiques, cette démarche parlementaire fait plusieurs personnes. Il l’en est de même pour les internautes de Mai-Ndombe.
Il s’oserve entre autres des querelles internes à la majorité et accusations de clientélisme. Les commentaires révèlent une fracture politique au sein de la province.
Sur la page Facebook de Mai-ndombenews.net, plusieurs abonnés ont réagi à la motion de défiance déposée contre le gouverneur de Mai-Ndombe.
Pour Ferry Barnez Bonkali, cette affaire n’a rien d’une confrontation entre majorité et opposition.
« Mai-Ndombe n’a pas d’opposition : tous les députés sont issus de la majorité présidentielle. Les signataires du document viennent de l’ACP et du CNARC, deux partis membres de l’Union sacrée, tout comme la coalition provinciale (APOCM et UDPS). Il s’agit donc d’une querelle interne, reflet de la culture politique paroissiale du Mai-Ndombe, une véritable guerre de palais entre frères d’une même maison. Le Secrétariat permanent de l’Union sacrée devrait rappeler à tous l’impératif de cohésion dans la gestion provinciale», a-t-il écrit.
Des députés accusés de clientélisme
D’autres internautes pointent du doigt les pratiques des élus provinciaux, accusés de transformer les gouverneurs en instruments d’intérêts personnels.
Pour Jean-Robert Malala, « les députés provinciaux ont toujours trouvé les gouverneurs comme leurs vaches à lait. Quand ils reçoivent des donations de leur part, ils ne sont pas incompétents. Mais dès lors qu’ils ne sont pas soignés, c’est là que la guerre commence. Dommage. Pour qu’on laisse les gouverneurs travailler calmement, il faut revenir à l’ancien système avec Mobutu. »
Un déficit de leadership au sommet de la province
Certains commentateurs estiment cependant que la responsabilité incombe avant tout au gouverneur lui-même.
Gratien Bwate souligne que « le gouverneur a un déficit de leadership et de management. Il travaille plus pour lui-même et pour son mentor que pour la province. »
Une crise symptomatique d’une majorité fragmentée
Ces échanges en ligne traduisent la profondeur d’un malaise politique dans cette province de l’ouest de la RDC.
Entre alliances fragiles et luttes d’influence au sein même de l’Union sacrée, la motion contre Lebon Nkoso Kevani, malgré bloquée jusque par le patron de l’organe délibérant, apparaît moins comme un acte de contrôle parlementaire que comme le symptôme d’une majorité en proie à ses propres divisions.
Malgré tout, la crise reste palpable entre le pouvoir exécutif et le pouvoir legislatif au Mai-Ndombe.
Matthieu BEYA
