L’ampleur de ce dossier mérite effectivement une attention particulière et une réflexion approfondie.
Dans nos Assemblées provinciales, l’existence d’une commission des sages constitue un atout important pour gérer des situations sensibles et éviter des crises institutionnelles. Cette commission aurait pu jouer un rôle prépondérant dans la médiation et la recherche de solutions apaisées, surtout dans un contexte où le Commissaire Divisionnaire Adjoint, Louis Second Karawa, ne peut pas directement répondre de ses actes devant l’Assemblée provinciale, étant placé sous la hiérarchie nationale.
Sur le plan procédural, il serait stratégique que l’organe délibérant passe à l’investiture du Gouvernement provincial dès aujourd’hui, jeudi, pour garantir la continuité institutionnelle. Cela permettrait de poser les bases d’une passation des services organisée dès demain, vendredi, dans le respect des règles administratives. Ensuite, samedi, un élu pourrait effectivement saisir cette opportunité pour adresser une question orale avec débat au Ministre ayant dans ses attributions l’Intérieur et la Sécurité. Ce dernier devrait être invité à venir éclairer les élus provinciaux sur cet incident malheureux, tout en renforçant la transparence et la redevabilité, piliers de la gouvernance démocratique.
Points administratifs et sécuritaires
- La gestion de cet incident doit respecter les principes de collaboration interinstitutionnelle, en privilégiant la voie hiérarchique entre les services provinciaux et nationaux compétents.
- La continuité des services de l’État est non négociable. Les dispositifs de passation doivent être menés avec rigueur pour éviter toute interruption dans la gestion administrative et sécuritaire.
Points politiques et stratégiques
- Politiquement, il est essentiel de maintenir un climat apaisé pour éviter que cet incident ne devienne un prétexte à des divisions internes ou à des surenchères politiciennes.
- La démarche d’interpellation doit être perçue comme une volonté de clarification et non comme un affrontement entre les institutions provinciales et nationales.
Points sociologiques
- Sur le plan sociologique, une gestion inclusive qui intègre les notables locaux, la société civile et les commissions internes comme celle des sages, favorisera l’adhésion collective aux solutions proposées.
- La population, première bénéficiaire des services de l’État, doit percevoir que cette situation est traitée dans l’intérêt général et non dans une logique de règlement de comptes.
En somme, la stratégie ici repose sur une gestion équilibrée, respectant à la fois les normes administratives, les exigences sécuritaires, et les réalités sociopolitiques. La recherche d’un consensus à l’africaine, basé sur le dialogue et la médiation, demeure la clé pour sortir de cet épisode avec dignité et responsabilité.
Ferry BONKALI / Chercheur et analyste indépendant
