Un incident a failli créer une vive tension, le dimanche 1er mars dans le territoire de Yumbi dans la province du Mai-Ndombe. Et ce, suite à un malentendu causée par l’érection d’une » pierre tombale » en pleine cité, apprend-t-on des sources locales.
Selon elles, l’inquiétude de la population est liée à l’enterrement d’une personne en pleine cité de Yumbi.
« Une telle situation soulève de sérieuses préoccupations d’ordre sanitaire, sécuritaire et humanitaire. Une ville ne saurait être transformée en cimetière sans encadrement officiel, sans mesures appropriées et sans communication claire à l’endroit de la population », ajoutent les mêmes sources.
Contacté par Mai-ndombenews.net, l’élu de Yumbi, le professeur Séverin Bamany, a expliqué la situation, tout en rassurant que la solution est déjà trouvée.
« La situation à Yumbi est calme. Il n’y a pas de problème. Il s’est passé un incident lié aux faits de 2018 lors des massacres causés par les affrontements interethniques. À l’époque, des personnes avaient été enterrés à la sauvette. Dans la cité de Yumbi, il y a au moins 17 places où il y a des fausses communes. Parmi ces endroits, il y en a un où les autorités et les habitants y vont se recueillir pour commémorer ces massacrés tous les 16 et 18 Décembre. Il y avait des fleurs et bande de sécurité. Depuis près de deux semaines, suite aux grandes pluies qui se sont abattues à Yumbi, les fleurs ont été emportées par la boue et l’eau de ruissellement. Les porcs ont commencé a fréquenter ces milieu pour chercher commenter s’alimenter. De ce fait, un jeune homme a jugé bon de sécuriser l’endroit en y mettant du ciment et du sable. Son idée, c’était de diminuer le risque de constater un jour les os et crânes humains dehors. En couvrant cette place sans l’aval des autorités, ça a créé une situation de panique dans la cité », a expliqué le député national Séverin Bamany Mobely.
Pour ce parlementaire, les gens ont interprété diversement jusqu’à affirmé que le jeune homme a enterré son grand frère ou un autre membre de sa famille.
« Le lundi 2 mars , le Gouverneur a instruit le conseil de sécurité local, qui s’est réuni rapidement, en invitant les notabilites et les chefs des groupements de banunu et les Batende, pour calmer la situation en détruisant cette construction. Ce n’était pas une tombe, mais c’est juste du ciment placé pour couvir une ouverture dans cet endroit où il y a une fausse commune, qui attirait les porcs. Comme ça dérangeait, on l’a détruit pour remettre les fleurs d’antan. Les gens ont voulu tirer des ficeles face à cette situation, mais tout s’est bien placé », a dit l’élu de Yumbi.
Dans le même ordre d’idées, Séverin Bamany a félicité le gouverneur Nkoso Kevani Lebon pour sa promptitude.
« Le Gouverneur est à féliciter pour sa promptitude, et les autorités locales aussi pour avoir mis du calme. Le grand problème est que l’endroit reste à découvert; il va continuer à pleuvoir. Va-t-on assister un jour où les ossements et crânes des victimes des massacres de 2018 seront visibles par les habitants de Yumbi? Ça risquerait de choquer. Il faudra que le gouvernement national et le gouvernement provincial prennent leurs responsabilités pour exhumer les corps ( les gens ont été enterrés à la sauvette à moins d’1 m de profondeur) avec la collaboration de la Croix Rouge, pour aller inhumer ces gens dans les cimetières qui sont à proximité. Laisser cet endroit comme ça, on ne sera pas surpris par l’effet d’un animal ou des entemperies que les ossements soient dehors. Cette exhumation des corps doit se faire aussi dans toute la cité de Yumbi, dans les villages de Nkolo , Bongende où les gens ont été enterrés même dans leurs maisons », a-t-il insisté.
Et de clore : « Ce n’est pas normal que les gens ou les motos passent sur les endroits où l’on sait que leurs frères et sœurs ont été enterrés à moins d’1 M de profondeur. Il est de notre responsabilité de faire quelque chose ».
Depuis les massacres de 2018 à Yumbi, la justice n’a pas encore été rendue pour ces milliers de victimes.