Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a donné ce samedi 10 mai 2025, le coup d’envoi des travaux de construction d’une boulangerie au sein de la prison centrale de Makala, à Kinshasa.
Ce projet inédit marque une rupture avec les pratiques traditionnelles. Il vise non seulement à améliorer les conditions de détention, mais aussi à favoriser la réinsertion des détenus à travers l’apprentissage d’un métier. « Nous ne pouvons pas parler de justice sans humanité », a déclaré Constant Mutamba, soulignant l’importance d’introduire des mécanismes de réhabilitation dans les établissements pénitentiaires.
La future boulangerie, dont les travaux s’étaleront sur six mois, devrait permettre la production de pain à l’intérieur même de la prison. Une manière de pallier les difficultés d’approvisionnement en nourriture et de garantir une alimentation plus régulière et nutritive aux prisonniers. « Cette boulangerie, c’est plus qu’un fournil ; c’est une école de la seconde chance », a insisté le ministre.
Au-delà de l’aspect nutritionnel, l’initiative se veut également porteuse d’espoir pour les personnes incarcérées. Les détenus participeront à la production du pain, encadrés par des professionnels. Une expérience qui leur permettra d’acquérir des compétences utiles à leur réinsertion une fois leur peine purgée. « Même derrière les barreaux, l’avenir reste possible », a affirmé Constant Mutamba.
Ce projet s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des infrastructures pénitentiaires, lancé par le ministère de la Justice. L’ambition affichée est de transformer les prisons congolaises en espaces de rééducation et de formation, dans le respect des droits humains et des engagements internationaux de la RDC.
En associant répression et réhabilitation, le gouvernement congolais entend faire évoluer le regard porté sur l’univers carcéral. L’initiative de Makala pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres prisons du pays. « La prison ne doit pas être un lieu d’oubli, mais un tremplin vers une nouvelle vie », a martelé le ministre.
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs responsables pénitentiaires et partenaires techniques. Tous ont salué une démarche innovante qui, si elle aboutit, pourrait redéfinir en profondeur le rôle des établissements pénitentiaires en RDC.
Siméon TUENDELE
