À l’initiative du gouvernement provincial du Mai-Ndombe, une messe d’action de grâce a été organisée le samedi 02 août dernier à Inongo, chef-lieu de la province, pour commémorer les millions de Congolais tombés sous les violences armées dans l’Est de la République Démocratique du Congo et dans d’autres zones en proie à l’insécurité.

La cérémonie religieuse, tenue dans un climat de recueillement et de solidarité, s’inscrit dans le cadre de la 3e commémoration du Génocost, journée nationale dédiée à la mémoire des victimes du génocide économique en RDC.

Dans son homélie poignante, l’Abbé Sébastien Ekoko a dressé un tableau sombre de la situation du pays.

«Le Congo est frappé de toute part, comme un pied d’argile giflé, fouetté par ses voisins. Les filles et fils de ce pays sont massacrés », a-t-il déploré.

Évoquant le sort du peuple d’Israël en Égypte, il a invité les fidèles du Mai-Ndombe à une prière profonde pour la paix :

« Prions et invoquons pour nos mamans, petites sœurs et frères, implorons la miséricorde de Christ aujourd’hui sur toute l’étendue du pays. Ces génocides subis par le peuple congolais ont des effets graves. Sur le plan humain, le peuple est massacré par les coups de balles, de machettes comme des animaux et humilié de toutes parts. Sur le plan économique, il y a un pillage massif de nos ressources naturelles entraînant des violences.», a ajouté cet abbé.

Il a en suite poursuivi « Lorsque l’argent destiné à construire des forages est détourné, des milliers meurent du choléra. L’argent du PDL-145T, des routes agricoles, ou encore les salaires des collaborateurs disparaissent. Ces actes détruisent l’avenir de nos enfants », a-t-il martelé.

L’homme de Dieu a exhorté les autorités à œuvrer pour la paix et la justice, en plaçant le bien-être de la population au cœur de leurs priorités.

Représentant le Gouverneur Nkoso Kevani, le ministre provincial de l’Agriculture, Ndondo Lenkyo Agripel, a, dans son intervention, mis l’accent sur l’ampleur de la tragédie « Ce n’est pas le moment de commenter longuement. Nous avons perdu plus de 12 millions de compatriotes. À titre de comparaison, certains pays africains, y compris le Rwanda, n’ont même pas cette densité de population. S’ils subissaient la même perte que le Congo, il ne resterait plus personne », a-t-il conclu.

La messe s’est déroulée en présence d’autorités civiles et militaires, des leaders communautaires et de nombreux fidèles, unis dans la prière et la mémoire collective.

G.EKOLE

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