La Fédération Congolaise de Football Association (Fécofa) a officiellement informé le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de son incapacité à ordonner à la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT) de faire jouer les six journées restantes du Championnat national. La correspondance, datée du vendredi dernier, souligne que malgré sa bonne volonté, la Fécofa se heurte à des contraintes matérielles et réglementaires héritées de la gestion antérieure au mandat actuel du Comité de Normalisation, nommé le 3 juillet dernier.
Dans sa lettre, la Fécofa laisse toutefois ouverte la possibilité d’une solution concertée, tout en réaffirmant sa volonté de respecter la sentence du TAS. De son côté, le tribunal reste ferme sur sa décision, mais comme dans les précédentes affaires, son application dépend de la bonne foi des parties. Selon les nouveaux statuts de la Fécofa (articles 74 et 75), l’instance est disposée à faire respecter une décision du TAS conformément aux règles de la CAF et de la FIFA. Cependant, aucune de ces instances n’a été saisie pour contraindre la Fédération, ce qui laisse planer de grandes incertitudes sur l’exécution de la décision.
Ce dilemme rappelle un litige similaire survenu il y a quatre saisons avec V.Club. Sur décision du TAS, les Dauphins Noirs avaient été déclarés champions, mais le trophée avait déjà été remis… au TP Mazembe. Malgré les rappels de la Fécofa, la décision n’avait jamais été appliquée. L’histoire semble donc se répéter : si le tribunal n’a pas de moyens de contrainte, son autorité reste théorique.
Cette année, le Tout Puissant Mazembe a déjà été pénalisé de six points pour avoir aligné l’attaquent Malawite Patrick Mwaungulu, un joueur litigieux, ce qui a compromis ses chances pour le titre. Malgré cette sanction, le club n’a pas réussi à exploiter ses deux derniers matchs, se retrouvant encore hors course.
Alors que la CAF a ouvert sa plateforme d’enregistrement pour les compétitions africaines interclubs et confirmé le match entre Lupopo et El Merreikh (Soudan), il semble que la décision du TAS ne sera pas exécutée, ni par la Fécofa, ni par la CAF, ni par la FIFA. L’opinion sportive nationale reste suspendue à une question, la Fécofa va-t-elle s’infliger une sanction en violant ses propres statuts, ou choisira-t-elle la prudence face à un championnat déjà perturbé ? Les jours qui viennent fixeront tout le monde sur la suite des évènements.
Martin KANYEBA
