Après plusieurs années marquées par une pénurie critique de vaccins contre le choléra, la lutte mondiale contre cette maladie connaît un tournant majeur. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Unicef et Gavi ont annoncé le 04 février 2026, la reprise des campagnes de vaccination préventive, rendue possible par une amélioration significative des stocks disponibles à l’échelle mondiale.

Selon un communiqué conjoint, une première allocation de 20 millions de doses est actuellement en cours de déploiement afin de soutenir des campagnes de prévention jugées vitales. Gavi, l’Alliance du vaccin, basée à Genève, joue un rôle clé dans l’appui aux pays à faible revenu pour l’introduction et l’accès aux vaccins essentiels.

La directrice exécutive de Gavi, Sania Nishtar, a souligné que la recrudescence des cas de choléra observée ces dernières années, ainsi que la demande sans précédent de vaccins qui en a découlé, ont mis en lumière l’importance stratégique d’un approvisionnement durable et accessible.

« Cette situation nous a brutalement rappelé que les vaccins constituent un bien public mondial et que la communauté internationale ne peut se permettre aucun relâchement », a-t-elle déclaré.

De son côté, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les efforts d’EUBiologics, actuellement le seul fabricant capable de produire des vaccins anticholériques à l’échelle nécessaire pour les campagnes de vaccination de masse. Ces efforts ont permis une augmentation significative des stocks disponibles. « J’exhorte d’autres acteurs à investir ce domaine vital. Ces vaccins sauveront des vies », a-t-il affirmé.

L’approvisionnement mondial annuel en vaccins anticholériques oraux (VCO) est ainsi passé de 35 millions de doses en 2022 à près de 70 millions de doses en 2025, précise le communiqué.

En 2022, la flambée mondiale des cas de choléra avait entraîné une forte pression sur les stocks disponibles, conduisant l’OMS à suspendre temporairement les campagnes de vaccination préventive.

Le Groupe international de coordination (GIC), chargé de la gestion des approvisionnements d’urgence en vaccins et regroupant notamment l’OMS, l’Unicef, Médecins Sans Frontières et la Fédération internationale de la Croix-Rouge, avait alors également revu les protocoles vaccinaux.

Dans le cadre des campagnes de riposte aux épidémies, le schéma habituel à deux doses avait été réduit à une seule dose afin de couvrir un plus grand nombre de personnes.

Malgré l’amélioration actuelle des stocks, cette stratégie à dose unique restera, pour l’instant, la norme lors des interventions d’urgence.

Une dose de vaccin offre une protection à court terme d’au moins six mois et contribue à contenir les épidémies, tandis que l’administration de deux doses assure une protection plus durable, pouvant aller jusqu’à trois ans.

G.EKOLE

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