Plus d’une centaine de morts, des milliers de disparus et un climat de peur généralisé : la République démocratique du Congo tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié mercredi 14 mai, le gouvernement congolais accuse l’armée rwandaise et le groupe rebelle M23-AFC d’avoir mené, entre le 10 et le 13 mai, une série d’exactions meurtrières dans l’est du pays. “Nous faisons face à une traque systématique de civils innocents, sous prétexte de liens supposés avec des groupes armés”, déclare le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani.
Selon Kinshasa, les violences se sont concentrées dans les zones de Goma, Nyiragongo et Masisi, partiellement ou totalement sous contrôle rebelle. “Les populations sont victimes d’exécutions sommaires, de viols, de tortures et de pillages”, accuse le communiqué officiel, qui évoque également plus de 4 000 disparus, pour la plupart des hommes et jeunes garçons. Le gouvernement parle de “violations graves des droits humains”, dans une région déjà marquée par une instabilité chronique.
Autre sujet de préoccupation : la présence de familles rwandaises dans les zones occupées. Kinshasa affirme que des déplacés “munis de cartes d’identité rwandaises” ont été installés de force sur le sol congolais. Une opération que les autorités congolaises considèrent comme une “épuration ethnique” et un “repeuplement organisé”. “Il s’agit d’une stratégie bien huilée pour modifier la démographie locale”, estime le ministère.
Le gouvernement pointe également la situation dramatique des réfugiés et personnes protégées, qui seraient devenus des cibles dans les zones contrôlées par les rebelles. “Ce sont de véritables chasses à l’homme qui se déroulent sous le silence de la communauté internationale”, alerte Kinshasa, évoquant une violation flagrante du droit international, notamment de la Convention de Genève et de la Charte des Nations Unies.
Face à la gravité de la situation, les autorités congolaises assurent que la justice ne restera pas inactive. “Ce ne sont pas des faits isolés, mais la continuité d’un plan prémédité”, martèle Jacquemin Shabani. Un mécanisme de surveillance reste en place, et Kinshasa promet de poursuivre les responsables présumés de ces “crimes de guerre et crimes contre l’humanité”. Le gouvernement appelle à une “prise de conscience globale” et exhorte la communauté internationale à agir sans délai.
Siméon TUENDELE
