La Cour constitutionnelle a renvoyé au mardi 20 mai 2025 le prononcé du verdict dans l’affaire très médiatisée de Bukanga-Lonzo, impliquant l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo. L’annonce a été faite à l’issue d’une audience qui s’est tenue ce mardi, et dont les délibérations ont duré près de deux heures.
Selon un extrait de rôle parvenu à notre rédaction, les juges n’ont pas encore tranché sur la peine à infliger aux trois accusés dans ce dossier de détournement présumé de fonds publics. Il s’agit de Matata Ponyo, actuellement député national, de Déogratias Mutombo, ex-gouverneur de la Banque centrale, et de Kristo Stephanus Grobler, directeur de la firme sud-africaine Africom.
« La Cour poursuit les débats en toute indépendance et rendra sa décision finale le 20 mai », a déclaré une source judiciaire proche du dossier, soulignant la complexité des enjeux constitutionnels autour de cette affaire. Le procès porte sur un présumé détournement de plus de 285 millions de dollars américains alloués au projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo.
Mais la procédure judiciaire suscite une vive polémique. En cause : un différend institutionnel entre l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle sur l’interprétation de la levée de l’immunité parlementaire de Matata Ponyo. « Il y a un conflit latent entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif sur la question de la compétence à juger un député en fonction », explique un juriste constitutionnaliste contacté par nos soins.
Le procureur général près la Cour constitutionnelle reste, quant à lui, déterminé à faire aboutir le dossier. « Nous avons réuni suffisamment d’éléments de preuve. Il appartient maintenant à la Cour de trancher en toute impartialité », a-t-il affirmé à l’issue de l’audience.
Siméon TUENDELE
