Le verdict est attendu ce mercredi 14 mai 2025 dans l’affaire Bukanga-Lonzo. La Cour constitutionnelle se prononce sur le sort d’Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre et actuel député national, poursuivi pour le détournement présumé de plus de 285 millions de dollars destinés au projet du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Sont également poursuivis dans cette affaire : Déogratias Mutombo, ex-gouverneur de la Banque centrale, ainsi que Christo Grobler, dirigeant de la société sud-africaine Africom.

Personnage central de ce procès, Matata Ponyo cristallise une vive controverse juridique autour de la légalité des poursuites, opposant l’Assemblée nationale au président de la Cour constitutionnelle sur l’interprétation des textes constitutionnels.

Retour sur les temps forts de l’affaire

Trois grandes séquences ont rythmé cette affaire. La première remonte au 25 octobre 2021, date de l’ouverture du procès devant la Cour constitutionnelle, après la publication d’un rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF) le 18 novembre 2020. L’IGF révélait alors que 285 millions USD avaient été déboursés par le Trésor public pour un projet resté inachevé.

Mais la Cour constitutionnelle s’était à l’époque déclarée incompétente pour juger un ancien Premier ministre, estimant que son juge naturel était la Cour de cassation. Cette dernière s’était à son tour dessaisie le 13 juin 2022, renvoyant la balle à la Cour constitutionnelle après avoir sollicité une interprétation de l’article 164 de la Constitution.

Candidat à l’élection présidentielle de 2023, Matata Ponyo avait obtenu un sursis pour mener campagne. Après les scrutins, la Cour constitutionnelle, se reconnaissant finalement compétente, s’était engagée à reprendre le dossier. Devenu député à l’issue des élections, l’ancien Premier ministre ne s’est pas présenté à l’audience. Il est donc jugé par défaut. Le ministère public a requis à son encontre, le 23 avril dernier, une peine de 20 ans de prison.

Merveille META

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