La ministre d’État des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, dénonce une fraude douanière d’envergure organisée dans l’importation des produits pétroliers par la zone Sud de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public le lundi 9 février 2026, consulté par Mai-Ndombenews.net ce mardi 10 février, la ministre a adressé une correspondance au Directeur général des Douanes et Accises (DGDA) pour pointer ces irrégularités.

Selon les données officielles issues du système douanier SIDONIA, environ 2 millions de mètres cubes de produits pétroliers ont été importés par la voie Sud en 2025. Près de la moitié de ces volumes n’auraient pas été régulièrement dédouanés, occasionnant un manque à gagner estimé à près de 800 millions de dollars américains pour le Trésor public.

La ministre évoque une fraude organisée impliquant des réseaux structurés bénéficiant de complicités internes au sein de certains services publics. Elle cite notamment une opération menée le 10 janvier 2026 par la brigade anti-fraude (MAMO), qui a permis l’interception de trois camions-citernes transportant du carburant non marqué, introduit frauduleusement sur le territoire national.

Les produits saisis appartenaient à la société VEXHOR et avaient été cédés sous douane à la société PANDA INTERNATIONAL CONGO. Cependant, l’opération aurait été compromise par une fuite d’informations confidentielles impliquant un responsable de la brigade douanière du Haut-Katanga, exposant les agents de terrain à des représailles et mettant en péril l’autorité de l’État.

Face à la gravité de la situation, la ministre s’interroge sur l’inaction de la DGDA et l’absence de mesures disciplinaires visibles, évoquant une possible complicité passive ou active. Elle qualifie la fraude pétrolière dans la zone Sud de véritable hémorragie fiscale et parafiscale pour l’État congolais.

Parmi les mesures urgentes recommandées figurent : la prise de sanctions administratives et disciplinaires immédiates, la suspension du sous-directeur de la brigade douanière du Haut-Katanga en attendant les résultats des enquêtes, ainsi que la présentation d’un rapport public détaillé sur les écarts relevés par le système SIDONIA et les responsabilités internes.

La ministre appelle à une réaction ferme et exemplaire afin de protéger les finances publiques et de restaurer la crédibilité des institutions de contrôle, rappelant que l’inaction face à une telle fraude compromettrait la politique publique, le plan social et l’autorité de l’État, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et les défis économiques.

Yoland NUNDA

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