Trois ans après son installation, la morgue centrale d’Inongo, capitale provinciale du Mai-Ndombe, ne fonctionne plus. Elle gît aujourd’hui dans un état d’abandon total, comme un navire échoué sur les berges d’un grand espoir populaire. Ironie du sort : cet édifice médical qui devait incarner la modernisation du système de santé provinciale est désormais devenu le miroir d’une désillusion administrative. Une question se pose dès lors avec insistance : C’est donc cela le “Mai-Ndombe ya sika” tant prôné par le Gouverneur Lebon Nkoso Kevani?« 

Un outil de dignité devenu embarras public

À sa mise en place, la morgue d’Inongo avait suscité un large élan de satisfaction. Pour la première fois, les familles endeuillées voyaient poindre la fin de souffrances logistiques indignes. Mais cette promesse fut brève. Aujourd’hui, le bâtiment est inactif, déserté, sans personnel ni équipement opérationnel. Aucun panneau explicatif, aucun communiqué provincial, aucun plan de redressement annoncé à ce jour.

Or, une morgue, ce n’est pas un luxe. C’est une exigence de dignité humaine, une marque de respect pour les morts et un service essentiel pour les vivants.

Des questions sans réponses, des responsabilités éparpillées

Pourquoi une telle infrastructure est-elle laissée en friche alors que son utilité ne fait l’objet d’aucun doute ? Le blocage est-il d’ordre budgétaire, logistique, ou purement politique ? Le Gouvernement provincial a-t-il perdu de vue les priorités sociales fondamentales, ou est-il victime d’un sabotage silencieux orchestré par un réseau d’intérêts occultes ? Qui bloque et pourquoi ?

Dans une province comme le Maï-Ndombe où les défis sanitaires, logistiques et sociaux s’additionnent chaque jour, ne pas faire fonctionner la morgue centrale relève soit d’un aveuglement technocratique, soit d’un manque criant de volonté politique.

Monsieur le Gouverneur : un pari gagnant vous attend

Loin d’un réquisitoire gratuit, cette interpellation veut être une main tendue vers l’action, pas un doigt accusateur. Monsieur le Gouverneur, relancer la morgue d’Inongo pourrait être l’un des actes les plus visibles de votre leadership, un geste fort de proximité, une victoire symbolique sur l’inaction. C’est un défi politique à votre portée, une opportunité d’asseoir votre empreinte sur l’histoire sanitaire de la province.

Les flatteurs qui vous entourent ne vous montreront jamais les vérités inconfortables, ni les angles morts de la gouvernance publique. Mais le peuple, lui, voit. Il voit le rideau blanc que d’autres camouflent. Il attend des actes, pas des slogans.

Le Mai-Ndombe ya sika commence là où le respect des morts rejoint les attentes des vivants

Si le Mai-Ndombe veut véritablement renaître, il devra d’abord se réconcilier avec ses priorités humaines. Et cela commence par redonner vie à cette morgue silencieuse, pour qu’elle serve enfin la population avec efficacité et dignité.

Relancer la morgue d’Inongo, c’est redonner au Mai-Ndombe ya sika une âme. Une âme qui se bat non pas pour paraître, mais pour servir.

Calvin Mputu Kenkeke

By admin