Dans une tribune publiée le week-end dernier et parvenu, ce lundi à la rédaction de Mai-ndombenews.net, Monsieur Calvin Mputu Kenkeke s’est interrogé sur le contour de l’accord de paix, signé le vendredi 27 juin 2025 par la RDC et le Rwanda, sous l’égide des États-Unis.

Pour lui, derrière les poignées de main, se dessinent des lectures divergentes, des ambitions voilées et une géopolitique complexe, qui interroge autant la sincérité des signataires que le poids réel de Washington.

Une paix négociée ou imposée ?

De prime à bord, ce natif de Mai-Ndombe estime que le décor était déjà planté lors de ce rendez-vous.

« Le décor est américain, les médiateurs aussi. Washington, dans sa logique de realpolitik, veut se repositionner en Afrique centrale comme un faiseur de paix, pour concurrencer les influences croissantes de la Chine, de la Russie et des puissances régionales. Mais cette diplomatie de façade cache un déséquilibre profond entre les parties en présence », écrit-il.

Et d’ajouter :  » la RDC, État à la souveraineté encore vulnérable sur une partie de son territoire, entre à la table avec le poids des blessures : occupation indirecte, déstabilisation persistante du Kivu par les groupes armés pro-rwandais (M23 notamment), et une opinion publique de plus en plus hostile à tout compromis avec Kigali. De l’autre côté, le Rwanda, stratège et rodé aux rouages diplomatiques occidentaux, arrive avec l’image d’un pays « modèle de sécurité » que certains cercles occidentaux continuent de valoriser, malgré les accusations répétées de violations du droit international ».

La RDC embarquée, le Rwanda en détresse ?

Monsieur Calvin Mputu lance un avertissement face aux enjeux.

« On pourrait croire à première vue que la RDC sort victorieuse diplomatiquement : l’accord reconnaît explicitement la nécessité du retrait sans condition des éléments du M23, la cessation des soutiens extérieurs (du Rwanda) aux groupes armés et le renforcement de la souveraineté de Kinshasa sur ses frontières orientales. Mais cette reconnaissance est conditionnelle, et fragile sans mécanisme contraignant. Si la RDC embarque effectivement le « train diplomatique » de la paix, c’est dans l’espoir d’obtenir enfin ce que des décennies de négociations n’ont pu offrir : un répit durable et la reprise du contrôle territorial », dit cet analyste indépendant.

Par ailleurs, il fait savoir que, le Rwanda, quant à lui, accepte cet accord sous pression, non sans tenter de sauver la face.

« Pour Kigali, les signes de fatigue diplomatique sont visibles : accusations répétées à l’ONU, exaspération régionale, et surtout la perte progressive de son immunité politique sur la scène internationale. Dans cette optique, on pourrait dire que le Rwanda monte dans le train de la paix… mais avec les freins d’urgence tirés », fait-il remarquer.

Toutefois, Mputu Calvin Mputu Kenkeke se pose des questions sur le vrai rôle du médiateur américain.

 » La grande question reste celle du rôle réel de Washington. En apparence, les États-Unis se veulent garants de l’application stricte de l’accord. Mais l’histoire de la diplomatie américaine en Afrique enseigne la prudence. Les engagements sont souvent circonstanciels, liés aux priorités stratégiques globales plus qu’aux engagements durables. Il faut donc se demander si Washington pourra (ou voudra) faire appliquer l’accord avec rigueur. Peut-il réellement forcer Kigali à démanteler ses réseaux au Kivu, sans menacer l’équilibre régional qu’il croit incarner ? Peut-il garantir à Kinshasa la paix sans conditions, alors qu’elle dérange certains intérêts économiques transfrontaliers ? », s’interroge-t-il.

Ainsi, ce jeune congolais voit plutôt des idées cachées dans cet accord de paix.

« Derrière les jargons diplomatiques, se cache une tension classique en philosophie politique : la dialectique entre souveraineté et stabilité imposée de l’extérieur. Le peuple congolais aspire à une paix juste, enracinée dans le droit, la mémoire des crimes, et la vérité sur les responsabilités. Le Rwanda, quant à lui, redoute une paix qui serait synonyme de désarmement stratégique et d’affaiblissement de sa position régionale. Ce que cet accord démontre, c’est que la paix, en géopolitique, n’est jamais un absolu, mais un équilibre temporaire entre intérêts divergents. La RDC joue ici une carte importante : celle de la légalité internationale, de la reconstruction nationale, et de la montée d’une diplomatie plus affirmée. Le Rwanda, de son côté, tente de négocier la sortie d’un isolement naissant, sans renoncer à ses leviers d’influence sur le terrain. L’accord devient donc une zone grise, où chacun espère gagner du temps. L’accord signé à Washington n’est ni une victoire absolue pour la RDC, ni une capitulation du Rwanda. C’est un compromis sous tension, un théâtre d’apparences, avec un script écrit à plusieurs mains », estime Calvin Mputu.

À en croire ce Mai-ndombien, la vraie paix ne viendra que si les populations concernées , les Congolais des Kivus, les réfugiés, les déplacés, les victimes …deviennent les premiers bénéficiaires concrets de cet accord. Sinon, ce sommet diplomatique ne restera qu’un épisode de plus dans le cycle des illusions africaines.

La République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé cet accord de paix aux USA. Et ce, pour mettre notamment un terme à des années de tensions ouvertes, d’ingérences, et de violences à l’Est du pays de Lumumba.

Orman BOLA

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