Le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a, lors de son intervention à l’assemblée nationale le mardi 20 Mai, rassuré les députés sur le respect des intérêts fondamentaux de la République Démocratique du Congo (RDC), alors que des négociations sont en cours avec les États-Unis, notamment dans le secteur minier.

« Il n’y aura ni bradage de nos ressources naturelles, encore moins la remise en cause de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de notre pays. Nous y veillerons derrière le président de la République », a déclaré le speaker de la chambre basse du Parlement au lendemain d’un entretien avec Félix Tshisekedi.

Un partenariat stratégique en cours de négociation

En toile de fond, un projet d’accord majeur entre Kinshasa et Washington vise à sécuriser l’accès américain aux minerais critiques congolais : cobalt, lithium, tantale, nécessaires à l’industrie technologique et militaire des États-Unis. En contrepartie, Washington offrirait un soutien à la stabilisation de l’Est de la RDC, en proie à des violences chroniques, notamment liées aux activités du M23 et à l’implication présumée du Rwanda.Ce partenariat s’inscrit dans une volonté du président Tshisekedi de rééquilibrer les relations économiques de la RDC, longtemps dominées par la Chine, et de favoriser une exploitation plus transparente et profitable des ressources naturelles du pays.

Boycott de l’opposition et tensions politiques

Mais cette démarche du gouvernement suscite une forte résistance. Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Joseph Kabila, ont boycotté les débats liés à ces négociations. Ils dénoncent une absence de transparence et redoutent une compromission de la souveraineté économique et territoriale du pays.

Des voix issues de la société civile s’élèvent également, pointant le manque d’informations sur le contenu exact de l’accord et la possibilité d’une nouvelle forme de dépendance économique.

Une promesse de transparence parlementaire

En réponse, Kamerhe a affirmé que tous les accords issus des processus en cours feront l’objet d’un examen en plénière, assurant que le Parlement jouera pleinement son rôle de contrôle démocratique. Une tentative de désamorcer les tensions et de rassurer les sceptiques quant à la nature et aux conséquences de ce partenariat.

Selon plusieurs sources, le président Tshisekedi est attendu à Washington début juin pour finaliser cet accord, qui pourrait mobiliser jusqu’à 500 milliards de dollars d’investissements américains dans les infrastructures congolaises sur 15 ans soit 33 milliards par an.

Matthieu BEYA

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