La République Démocratique du Congo a acquis son indépendance le 30 juin 1960, grâce à un discours historique empreint d’engagement et d’esprit de liberté, tenu devant le roi Baudouin par Patrice Emery Lumumba, le tout premier Premier ministre, dénonçant les derives du régime colonial.
Mpolo Maurice, un artisan de la liberté au côté de Lumumba
Le 17 janvier 1961, soit près de 7 mois après l’indépendance , trois hommes ont été tués à Shilatembo, village situé à environ 50 km de Lubumbashi. Il s’agit notamment de Patrice Emery Lumumba, Joseph Okito et Mpolo Maurice.
Lumumba a eu une renommée internationale suite à son combat politique contre les traitements inhumains imposés par les colons belges. Mais à ses côtés, l’on parle également de ses compagnons Mpolo Maurice et Joseph Okito, deux acteurs majeurs de la lutte pour l’indépendance. Ces personnalités politiques ont joué un rôle clé au côté de Lumumba.
Malgré leur apport combien significatif pour la liberté de la RD Congo, Mpolo Maurice et Joseph Okito sont souvent dans l’ombre de l’histoire.
Entretemps, des voix se sont multipliées dans l’environnement politique congolais pour revendiquer leur reconnaissance comme acteurs majeurs et martyrs de l’indépendance au côté de Patrice Lumumba.
62 ans après, Mpolo Maurice et Joseph Okito ont été admis dans l’ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba au grade de Grand Officier. L’ordonnance portant leur nomination a été lue le mardi 14 juin 2022, à la Radio Télévision Nationale Congolaise ( RTNC ).
Bref parcours de Mpolo Maurice
Né le 04 mars 1928 à Inongo de Mpolo Edouard et de Bokako Tècle, dans l’ancienne province de Léopoldville, Maurice Mpolo était originaire du Lac Mai-Ndombe, anciennement appelé Lac Léopold II. Il etait marié à Catherine Wale et de leur union sont nés quatre enfants, dont deux filles et deux garçons.

Issu d’une famille chrétienne catholique, il a fait des études primaires à l’Ecole Normale d’Inongo et deux années passées au Petit Séminaire de Bokoro. En suite, il est allé poursuivre ses études dans la vile métropolitaine de Léopoldville, à l’Ecole Moyenne Sainte-anne.
Avant d’embrasser la vie politique, il a appris la dactylographie et les cours de droit par correspondance. En 1960, après avoir participé à la Table Ronde de Bruxelles, il s’est rendu à Conakry, en Guinée, pour participer à une conférence sur le panafricanisme. Aussi, il a fait partie de la délégation qui avait accompagné le premier Ministre Patrice Lumumba aux États-Unis d’Amérique le 22 juillet 1960.
Durant son parcours privé, Mpolo Maurice a également occupé de différentes fonctions, principalement à Chanic et au barrage hydroélectrique de Zongo. Amoureux du savoir, il a effectué un stage dans le cabinet de Maître Gentil, auprès de qui il a appris les rudiments du droit.
En 1957, alors qu’il exerçait ses fonctions de défenseur judiciaire, il s’est retrouvé en prison de Makala pour avoir défendu un Congolais, qui etait arrêté et menacé de payer une amende simplement pour avoir bu du vin rouge.
Hormis ses différents services rendus à la Nation, il a également travaillé comme agent comptable et dans le service d’identification de la sûreté nationale.
Il était député national et Président provincial du Mouvement National Congolais pour la ville de Kinshasa. Dynamique et éloquent, Mpolo Maurice était propulsé par ses pairs, porte-parole du groupe des nationalistes à la chambre des représentants du parlement.
Vie politique
Il était ministre de la Jeunesse et des Sports dans le Gouvernement Lumumba, en même temps chef de toutes les opérations militaires et ensuite général de Brigade, après le départ du Général Janssens, ancien commandant en chef de la Force publique.
Dans la matinée du 03 décembre 1960, selon l’histore, il devait rejoindre Stanleyville en passant par Inongo, son fief dans l’actuelle province du Mai-Ndombe. Arrivé à Mushie, il était arrêté par l’Administrateur du territoire local, Jeacques Ngaa Ilanga, sur ordre de M. Victor Nendaka, Administrateur Général de la Sûreté nationale.
De Mushie, il était conduit à Kinshasa d’où il sera transféré d’abord au Camp Léopard II, l’actuel Camp Kokolo, puis au Camp Hardy à Thysville et ensuite au Katanga, pour être tué avec Lumumba et Okito.
Au regard de toutes ses prouesses, la mémoire de Mpolo Maurice mérite d’être saluée en cette journée commémorative du 65e anniversaire de l’indépendance de la RDC.
Abdias SHINGA
